Interview de Oscar SZADY, chef de projet événementiel sportif

Interview de Oscar SZADY, chef de projet événementiel sportif

À 25 ans, Oscar SZADY cumule déjà plusieurs expériences dans l’événementiel sportif, du tennis aux Jeux Olympiques de Paris 2024 et Milan 2026. Entre organisation logistique, coordination d’équipes internationales et gestion de cérémonies de vainqueurs, il nous raconte son parcours, les défis rencontrés et les qualités nécessaires pour réussir dans ce métier.

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours professionnel ?

Je m’appelle Oscar SZADY. J’ai terminé mes études il y a deux ans après un master. Ma première alternance a été chez Fête le Mur, une association gérée par la Fédération Française de Tennis, créée par Yannick Noah. J’organisais des journées d’activation pour des jeunes issus de quartiers prioritaires, mêlant découverte du tennis, éducation et alimentation. Ce travail m’a permis de voyager à travers la France et de comprendre l’importance de la pédagogie et de la logistique sur le terrain.

J’ai ensuite intégré les Jeux Olympiques de Paris 2024 en alternance pour participer à l’organisation, plus précisément dans le projet sport-présentation, au sein de l’équipe cérémonie des vainqueurs. Mon rôle consistait à préparer les podiums, les drapeaux, les hymnes et coordonner tous les aspects logistiques et protocolaires avec la télévision et les sponsors, notamment Louis Vuitton. J’étais adjoint du coordinateur général et j’ai contribué à la création et à la livraison du projet pendant l’été 2024. Après la fin des Paralympiques, j’ai pris un peu de temps pour voyager avant de rejoindre le comité d’organisation des JO d’hiver de Milan 2026, où j’ai pris en charge la cérémonie des vainqueurs et la partie entertainment, incluant la coordination des artistes, DJs, danseurs et mascottes sur différents sites.

En quoi consiste votre métier aujourd’hui et quelle est votre journée type ?

Mon rôle repose sur l’organisation et la supervision d’équipes et de projets. Je passe beaucoup de temps à planifier, coordonner et communiquer avec différents acteurs, des équipes internes aux sponsors. Bien que je code très peu aujourd’hui, je m’occupe surtout de l’architecture et de la structuration technique des projets événementiels. Chaque journée est différente et exige une grande capacité d’adaptation, surtout lorsqu’on travaille sur des événements internationaux comme les JO.

Quelles sont les qualités pour être un bon chef de projet événementiel sportif ?

Pour moi, la première qualité est l’adaptabilité. L’événementiel est un univers où tout peut changer du jour au lendemain, même pour des projets planifiés depuis des années. Il faut aussi parler plusieurs langues, surtout lorsqu’on travaille sur des événements internationaux, et savoir gérer la diversité des équipes et des cultures. La communication, l’écoute et la capacité à motiver son équipe sont également centrales, tout comme ne pas avoir peur de l’inconnu et être capable de prendre des décisions rapides.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?

La finalité du travail. Voir une cérémonie se dérouler après des mois de préparation est extrêmement gratifiant, même si l’on ne connaît pas tous les participants. Le moment où le travail accompli se concrétise, où l’on voit des sourires et de la satisfaction sur les visages, reste le plus marquant. C’est cette concrétisation et la fierté collective qui rendent ce métier si passionnant.

Quel a été votre plus gros challenge ?

Le management des personnes. Travailler avec des milliers de collaborateurs, qu’il s’agisse de collègues, de sponsors ou des chefs de mission des athlètes, nécessite une communication et une coordination extrêmement rigoureuses. Même si l’on peut tout préparer techniquement, les interactions humaines restent le facteur clé pour la réussite d’un événement.

Quel a été votre parcours académique ?

J’ai commencé par un bac américain, puis une année en faculté d’économie, avant de rejoindre l’ILEPS en STAPS pour la L1 et la L2. Ma troisième année a été effectuée en Erasmus à l’UQAM de Murcia, en Espagne, ce qui m’a permis de perfectionner mon anglais. J’ai ensuite poursuivi un double master en management du sport à l’ILEPS et à l’université de Coventry, en alternance : ma première année à la Fédération de tennis et ma deuxième année à Paris 2024.

Pourquoi avoir choisi ce parcours et qu’en avez-vous retiré ?

Après une expérience peu satisfaisante en économie, j’ai découvert le STAPS grâce à mon frère, déjà dans l’événementiel sportif. La formation m’a permis de concilier passion pour le sport et apprentissage pratique, tout en bénéficiant d’un encadrement et d’un suivi humain de qualité. Elle m’a donné les outils nécessaires pour évoluer dans un environnement professionnel exigeant et multidimensionnel.

Quels conseils donneriez-vous aux futurs diplômés ?

Je leur dirais d’expérimenter sans peur : volontariat, stages, missions courtes, tout est utile pour apprendre. Il faut être curieux, s’engager dans différents projets et se confronter à la réalité du métier. La persévérance, l’adaptabilité, et la capacité à travailler en équipe sont des atouts majeurs. Et surtout, ne jamais sous-estimer l’importance du réseau et de la présence sur le terrain.

Une anecdote pour conclure ?

Lors d’un événement organisé, Yannick Noah, censé être présent, a totalement oublié. Il était à l’autre bout du pays et nous avons dû improviser. Ces imprévus font partie intégrante du métier, et savoir y faire face est indispensable. Les JO sont également riches en anecdotes similaires, comme des présidents de nations qui changent d’avis au dernier moment sur la remise des médailles, et il faut trouver rapidement des alternatives.

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